Le diabète ne se guérit pas, mais on peut freiner la
progression de cette maladie qui touche environ 5% de la
population québécoise. Les manipulations du massothérapeute
constituent un des moyens d'y parvenir. L'intervention du
massothérapeute se rapproche aussi de la relation d'aide, ce qui
contribue à alléger le stress des angoisses liées au diabète.
Le diabète et ses conséquences
Il y a deux principales formes de diabète: le diabète
insulino-dépendant, qui apparaît en général avant l'âge de 30 ans,
et le diabète non insulino-dépendant, qui frappe en général après
l'âge de 40 ans et dont la fréquence dans la population augmente
avec l'âge. Cette forme de diabète serait présente chez environ 10
% des personnes de plus de 60 ans.
Une autre forme de diabète, temporaire celle-là, se
manifeste au cours de la grossesse et disparaît à l'accouchement.
Les femmes qui en sont atteintes risquent davantage de souffrir
ultérieurement de diabète.
Quel que soit le type de diabète, l'excès de glucose dans le
sang peut se déposer dans certains tissus du corps. La structure
et le fonctionnement de ces tissus sont alors altérés, et les
petits vaisseaux obstrués peuvent provoquer des complications
rénales ou visuelles. Il est possible cependant de prévenir ces
problèmes; c'est pourquoi le dépistage et le traitement précoce de
ces complications sont essentiels. La massothérapie peut également
apporter un certain soutien à la personne atteinte de diabète.
La massothérapie et le diabète
Conscient
des nombreuses manifestations physiques du diabète, le
massothérapeute pose à son client des questions concernant
l'appétit (alimentation exagérée, amaigrissement), la soif
(intense et continuelle), la fatigue, la somnolence,
l'augmentation du volume des urines et de la fréquence des
mictions, l'hypertension et l'engourdissement des mains et des
pieds. Si certains de ces symptômes sont présents, le thérapeute
s'assure que le client est suivi par un médecin.
Le massothérapeute procède ensuite à un examen qui vise à
dresser un bilan des muscles, des articulations et des tissus. Son
attention porte particulièrement sur les pieds, les clavicules,
les omoplates et les mouvements de l'épaule, les doigts et les
mains ainsi que sur les mouvements de la colonne vertébrale. Il
vérifie aussi s'il y a des taches sur les orteils, des plaies et
des signes de cicatrisation lente.
Les mobilisatiions qu'il effectue ensuite sont
particulièrement bénéfiques, qu'il s'agisse du massage d'appel,
qui favorise la circulation sanguine et le retour lymphatique, ou
des effleurages doux, peu profonds, à cause de la fragilité de la
peau et des capillaires. Les pétrissages et les drainages sont
lents, peu profonds et peu nombreux lors des premières séances.
Sans remplacer l'exercice, les pétrissages peuvent servir
d'exercices passifs. Quant aux frictions, elles se font
principalement sur les tendons des petits muscles et sur les
membres inférieurs, mais jamais sur les zones enflées. Enfin, des
vibrations sous les côtes aident à améliorer les réflexes
viscéraux.
Les bienfaits du massage
En quoi une visite chez un massothérapeute peut-elle être
utile à la personne atteinte de diabète? Les avantages sont
nombreux. Le massage favorise la détente en agissant sur le
système nerveux. Il aide à éliminer les surplus d'adrénaline et de
noradrénaline, deux hormones souvent liées à une glycémie élevée.
Le massage diminue la fréquence et l'importance de l'enflure aux
pieds et augmente l'apport de nutriments et d'oxygène à la peau et
aux muscles.
Parfois victime de discrimination, le diabétique peut
éprouver un sentiment de perte d'estime de soi. Il peut aussi
sentir le besoin d'exprimer au massothérapeute l'anxiété et
l'insécurité causées par la lutte contre une maladie qui ne se
guérit pas. Il trouvera précisément un grand réconfort dans la
relation d'aide que peut lui offrir le massothérapeute.
Bonne santé!
Votre masso-kinésithérapeute,
Caroline Unger